|
Condamné à quatre mois d'emprisonnement après un reportage vidéo contesté sur les problèmes environnementaux, le journaliste et opposant Zouhair Makhlouf a été libéré vendredi, une semaine avant l'expiration de sa peine, a-t-on appris auprès de son avocat Néjib Chebbi.
Correspondant de l'hebdomadaire "Al Mawkif", organe du parti démocratique progressiste (PDP), formation de l'opposition légale dont il est membre, et du journal en ligne "Assabilonline" basé en Allemagne, M. Makhlouf est également membre d'Amnesty International (section de Tunis) et de l'association non reconnue "Liberté et équité". Incarcéré le 19 octobre, peu avant les élections législatives auxquelles il était candidat, il a été condamné en première instance à trois mois de réclusion à la suite d'une plainte déposée par un artisan de Nabeul (60 km de Tunis). Le verdict le contraignait en outre à verser au plaignant 6.000 dinars (près de 3.000 euros). Selon une source judiciaire, ce dernier l'accusait "d'avoir sciemment porté atteinte à son droit à l'image par la diffusion de ses photos, sans son consentement, dans des conditions attentatoires à sa dignité". Maintenu en détention après avoir purgé sa peine, il a écopé en appel mercredi dernier d'un mois supplémentaire d'emprisonnement. Il devait normalement être relaxé le 19 février. "On ne peut que se réjouir de la libération de M. Makhlouf, bien que nous considérons qu'il n'aurait pas dû faire l'objet de poursuites car il ne faisait que son boulot", a déclaré à l'AP, un dirigeant du PDP, Rachid Khéchana. Il a noté que cette mesure intervient à la veille de la réunion du sous-comité des droits de l'Homme tuniso-européen, prévue le 25 février à Tunis. Jointe au téléphone, l'épouse du journaliste, Majida, a dit avoir accueilli la nouvelle avec une grande joie, tout en s'inquiétant de cette "libération conditionnelle". AP Source: http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/international/afrique/20100212.FAP7984/tunisie_liberation_du_journaliste_opposant_zouhair_makh.html AP | 12.02.2010 | 20:16 |