
Nous avons appris la révocation du Juge Mokhtar Yahyaoui, lors d’une réunion samedi au siège de la Cour de cassation à Tunis.
Les charges retenues contre le juge Yahyaoui (atteinte à l’honneur de la magistrature, manquement à l’obligation de réserve et diffamation des instances judiciaires) sont de nature politique car les critiques émises par le juge Yahyaoui dans sa lettre du 6 juillet 2001, ne portaient pas la marque de diffamation ni de violation d’un quelconque devoir professionnel, mais de critique citoyenne qui cherche à redonner à la magistrature son vrai rôle dans le partage des pouvoirs. Son rôle dans la création du «Centre
pour l’indépendance de la magistrature et des avocats » explique l’intention d’intimider les initiateurs de ce projet ambitieux, pourtant à but scientifique.
Les conditions mêmes dans lesquelles s’est déroulé la séance, notamment le refus du report de la réunion pour permettre une meilleure défense ce qui a poussé les avocats et leur bâtonnier à se retirer, illustrent de cet esprit de vengeance à l’encontre de toute voix dissidente. La précédente décision à l’encontre du juge Yahyaoui, prise à la hâte le 2 août 2001 et mise à l’échec par une forte mobilisation en sa faveur, explique aussi pourquoi les autorités ont recouru aux manières policières pour empêcher les associations d’assister à cette réunion.
Nous vous exprimons notre indignation face à cette décision qui prouve la partialité de la magistrature et qui nous incite à œuvrer pour une véritable indépendance des juges, condition indispensable pour instaurer une démocratie.
Vérité-Action qui a œuvré énergiquement avec les associations des juges et des avocats en Suisse à la libération de Maître Néjib Hosni, s’engagera de défendre la réintégration du juge Yahyaoui dans ses fonctions.
Veuillez transmettre notre total soutien à Monsieur Mokhtar Yahyaoui.
Fribourg le, 03 janvier 2002
Pour Vérité-Action
ElAfif Ghanmi, Président.

